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Union Africaine(UA)
L’économie bleue, nouvelle frontière de la renaissance africaine (Feature)
: L'Economie bleue, une opportunité pour l'Afrique, Safaris Tanzanie.
L’Union africaine (UA) présente l’économie bleue comme la nouvelle frontière de la renaissance africaine dans sa stratégie intégrée pour les mers et les océans-horizon 2050 (Stratégie AIM 2050). Ce concept relativement récent occupe également une place centrale dans l’agenda 2063 de l’UA qui affirme que «l’économie bleue de l’Afrique sera un contributeur majeur à la transformation continentale et de la croissance, en permettant les progrès des connaissances sur la biotechnologie marine et aquatique ».

Dans le contexte africain, l’économie bleue concerne à la fois le milieu marin et les eaux douces. Elle comprend les océans, les mers, les rivages et les berges, les lacs, les cours d’eau et les nappes souterraines. Elle embrasse un éventail d’activités, directes ou dérivées, qui vont de la pêche à l’exploitation minière sous-marine en passant par l’aquiculture, le tourisme, les transports, la construction navale, l’énergie ou la bioprospection.

Le concept de l’économie bleue est né de la frustration ressentie par les Petits Etats insulaires en développement (PIED) et les Etats côtiers lors du processus de préparation de conférence Rio+20. Ils ont donc cherché à adapter le concept d’économie verte à leur situation en mettant l’accent sur les secteurs bleus. La pêche et l’aquaculture peuvent ainsi équivaloir pour eux à ce que représente l’agriculture dans l’économie verte. Et si les Etats côtiers ne sont par ailleurs pas concernés par les programmes de lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts (REDD), ils offrent un véritable potentiel en matière d’énergies renouvelables et non renouvelables dans leurs zones littorales et au large de leurs côtes.

Enjeux pour l’Afrique….

La croissance d’une industrie maritime à l’échelle de l’Afrique, le développement du transport maritime, fluvial et lacustre ainsi que de la pêche, l’exploitation et la valorisation des minerais ne sont pas encore exploités ainsi que d’autres ressources. Les zones maritimes sous juridiction africaine s’étendent sur quelque 13 millions de kilomètres carrés y compris les eaux territoriales, les Zones économiques exclusives (ZEE) et un plateau continental d’environ 6,5 millions de kilomètres km². Les lacs d’Afrique ont par ailleurs une superficie d’environ 240.000 km². La FAO estime que le poisson apporte à 4,2 milliards d’individus plus de 15% des protéines animales qu’ils consomment. Dans le commerce international, 90% des marchandises sont transportées par mer. Les océans jouent également un rôle essentiel dans la régulation du climat et des écosystèmes côtiers tels les massifs de palétuviers, les forêts de laminaires, les herbiers ou les marais salants et ils permettent de stocker et de séquestrer le carbone de l’atmosphère. Le marché mondial des biotechnologies marines à l’horizon 2022 est estimé à 5,9 milliards de dollars. Aujourd’hui, près de 30% du pétrole et du gaz dans le monde proviennent des gisements sous-marins.

La stratégie AIM 2050 qui présente la vision du futur de l’Afrique de la commission de l’union africaine insiste sur les avantages socioéconomiques de l’économie bleue et d’une croissance bleue pour les prochaines années.

Comment les pays africains peuvent-ils intégrer cette économie dans leur politique de développement?

Le rapport sur l’économie bleue publié en 2016 et réalisé par le bureau sous régional pour l’Afrique de l’Est de la Commission économique des nations unies pour l’Afrique (CEA) indique que l’économie bleue constitue une opportunité économique pour l’Etat et le secteur privé, appelés à catalyser le développement économique tout en prenant en compte les aspects sociaux et environnementaux ainsi que ceux de bonne gouvernance.

Selon les experts de la CEA, la prise en compte de l’économie bleue dans le contexte d’une politique du développement est encore limitée et elle nécessite à l’échelon politique, une prise de conscience et un effort parallèle d’approfondissement des connaissances. Concevoir un cadre stratégique ouvert, suppose de réfléchir autrement aux nouvelles sources d’opportunités de développement, ce qui exige de transformer la réflexion politique en recourant à des instruments créatifs et fonctionnels. Sensibiliser les acteurs et s’attaquer aux lacunes des connaissances renforceront la vision stratégique des processus de transformation socioéconomique inspirés par l’économie bleue, expliquent-ils.

D’après l’étude, une clé fondamentale offerte par la planification du déploiement de l’économie bleue en Afrique est la possibilité d’opérer la transition entre la recherche d’une croissance non durable vers celle d’un modèle de croissance basé sur la durabilité. Les pays sur la voie d’une telle transition ont à leur disposition un éventail d’approches novatrices. Le processus de formulation de la politique de l’économie ouvre des perspectives pour la recherche, l’expérimentation et l’innovation. Il repose sur des principes clés.

L’exploitation durable et la gestion rigoureuse des ressources et des écosystèmes aquatiques et marins, le partage entre tous des avantages et de la prospérité par le biais d’un paradigme de développement basé sur le progrès, la conservation et la protection des écosystèmes aquatiques et marins pour leur valeur intrinsèque, la cohérence avec les ODD, les approches de pensée en système, l’analyse des cycles de vie, les approches par chaine de valeur, l’approche de la formulation de la politique avec une base élargie et le concours de toutes les parties prenantes, l’approche participative et inclusive, la conception et la coordination holistique et intersectorielles, harmonisation de la politique à tous les niveaux et coopération à tous les niveaux.

La prise en compte de considérations géopolitiques

L’économie bleue offre une occasion de renforcer des partenariats s’appuyant sur les mécanismes de coopération existant dans les domaines maritime, lacustre et fluvial y compris les côtes et les rives. Quand ils seront tout à fait opérationnels, ces partenariats pourraient déclencher un bond qualitatif du développement économique des pays impliqués et diffuser à l’échelle du continent un supplément de progrès, de paix et de prospérité. Ils peuvent aussi permettre des économies d’échelle pour aider les pays à combler leurs lacunes financières et techniques ou l’insuffisance des infrastructures qui les empêchent d’exploiter pleinement le potentiel de leurs ressources aquatiques ou marines.

La délimitation des frontières maritimes est un facteur important pour recueillir tous les bénéfices de l’économie bleue. Il faut encourager les Etats à résoudre leurs contentieux en utilisant les instruments en vigueur y compris les procédures de règlement par une tierce partie comme les cours et tribunaux internationaux, recommandent les experts.

La vulnérabilité climatique, l’insécurité maritime et les inégalités d’accès aux ressources communes sont parmi les défis les plus sensibles risquant d’entraver la concrétisation des bénéfices découlant de l’économie bleue. Ils peuvent exacerber les conflits et aggraver la pauvreté. Les activités criminelles telles la pêche illicite non déclarée, non réglementée, la piraterie et la violence armée en mer, la contrebande et le trafic d’êtres humains et les atteintes à l’environnement font peser une menace aigue sur une utilisation durable des ressources de l’économie bleue et elles ont des retombées négatives sur la sécurité, le développement social et la croissance économique du continent africain.

Les contentieux concernant les tracés des frontières ou alimentés par des rivalités d’accès aux ressources naturelles sont une autre préoccupation majeure dans le contexte africain. Concernant les conflits entre pays riverains de mers ou de lacs, il existe un déficit flagrant de moyens par ignorance des cadres légaux applicables, des mécanismes de résolution des contentieux et des procédures que peuvent engager les Etats pour y recourir.

Pour les experts, les Etats qui veulent adopter une approche équilibrée de l’économie bleue peuvent étudier les options suivantes. Il s’agit notamment de veiller attentivement à l’interdépendance de la sécurité et du développement qui se renforcent mutuellement et sont indispensables pour parvenir à une paix durable ; de soutenir les occasions d’améliorer les moyens d’existence et le bien-être des populations des rivages marins et lacustres ; de ratifier et mettre en œuvre les instruments internationaux et régionaux relatifs à la sécurité et à la protection du domaine marin ou relatifs aux pratiques illégales et harmoniser les législations nationales avec leurs dispositions. De renforcer les mécanismes de coopération continentale, régionale et transnationale, pratiquer une diplomatie préventive et médiatrice en vue de maintenir la paix et la sécurité internationales, résoudre les conflits et échanger tous renseignements utiles et d’adopter les meilleures pratiques régionales de la coopération Sud-Sud.

L’économie bleue, facteur d’insertion sociale

La réalisation de tout le potentiel de l’économie bleue requiert l’insertion effective de tous les groupes de la société notamment les femmes, les jeunes, les communautés locales, les groupes marginalisés ou sous représentés. Bien que les activités des différentes filières de l’économie bleue se diversifient de plus en plus, la tendance persiste à exclure et marginaliser aussi bien les femmes que les groupes sous-représentés et les jeunes.

La réalisation de tous les avantages promis par l’économie bleue sera grandement facilitée par la responsabilisation des femmes afin qu’elles puissent y participer pleinement et contribuer ainsi à leur propre développement et à leur réussite. Pour mieux sensibiliser les jeunes, les femmes, les communautés locales et les groupes sous-représentés au débat sur l’économie bleue, l’élaboration et la mise en œuvre des politiques et pour les impliquer dans cette réflexion, les Etats peuvent bénéficier des efforts déployés pour créer des établissements de formation et d’enseignement dans le but de fournir des ressources humaines à l’économie bleue.

Ils peuvent favoriser l’inclusion des jeunes, des femmes, des communautés locales et des groupes sous-représentés dans tous les secteurs de l’économie bleue, en s’attachant à démanteler les barrières culturelles. Le déploiement de l’économie bleue et la mise en œuvre des stratégies nationales et régionales ouvriront des pistes pour renforcer le rôle imparti aux jeunes, aux femmes et aux groupes sous-représentés dans le développement de l’économie bleue. Introduire un partage équitable des avantages dans l’ensemble de la chaine de valeur et impliquer les petits producteurs dans les communautés locales (pêcheurs, cultivateurs, etc.) afin d’instaurer de nouveaux liens commerciaux issus de l’économie bleue. Entamer le dialogue avec les populations urbaines côtières très vulnérables et très pauvres afin d’identifier et de mettre en œuvre les mesures susceptibles de déduire leur vulnérabilité et de garantir la sécurité publique.

La mise en place d’un cadre juridique, réglementaire et institutionnel pour l’économie bleue

L’économie bleue couvrant un large éventail de secteurs aux synergies potentielles importantes, cela justifie l’introduction de cadres juridiques, réglementaires et institutionnel mieux intégrer. L’établissement et la conception de cadre juridiques, réglementaires et institutionnels efficaces pour l’économie bleue sont deux étapes cruciales pour structurer et orienter son essor.

La spécificité de l’environnement national conditionne bien entendu les orientations politiques mais les meilleures pratiques permettent de tracer plusieurs pistes pour renforcer les capacités juridiques et institutionnelles en lien avec l’économie bleue, indiquent les experts dans le rapport.

Il s’agit pour les Etats, entre autres, de ratifier les instruments relatifs à la gouvernance des océans et ceux portant sur les masses d’eau douce et les autres ressources naturelles, de réviser et adopter des textes de loi et des politiques pour lutter contre les activités criminelles en mer et les autres menaces pesant sur le milieu naturel. Il s’agit également de négocier et fixer les frontières maritimes et définir les mécanismes à solliciter pour assurer le règlement pacifique des différends ; de concevoir des politiques et des réglementations environnementales visant à assurer la conservation, la gestion, la protection et l’utilisation durable des écosystèmes aquatiques et marins ; d’améliorer l’éducation, la formation, le renforcement des capacités et des compétences des Etats.

Les législations nationales introduiront les « directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale » recommandée en 2012 par le comité de la sécurité alimentaire mondiale afin de légaliser les droits fonciers des petits producteurs et les droits des pêcheurs locaux dans leurs zones traditionnelles.

Le changement climatique et la mauvaise gestion de l’environnementale, des menaces pour l’économie bleue

Le changement climatique et la mauvaise gestion de l’environnement menacent toujours plus l’intégrité, l’état et la pérennité des ressources aquatiques et marines sur lesquelles repose l’économie bleue. Tous les habitants d’Afrique sont concernés par les enjeux découlant du changement climatique et de la gestion de l’environnement puisque ces derniers ont un impact sur les moyens de subsistance, la santé, l’eau, la sécurité énergétique et alimentaire, et plus généralement, le bien-être des populations.

L’adoption de stratégies technologiques vertes et bleues dans le contexte de l’économie bleue reste problématique même si la situation commence à évoluer positivement. Une approche de l’économie bleue permettrait de surmonter certaines difficultés notamment grâce à l’enrichissement des connaissances sur le changement climatique et la sensibilisation à ce phénomène.

Le carbone bleu résulte des avantages tirés des habitats forestiers bleus pour contribuer à l’atténuation du changement climatique. L’Afrique est richement dotée en habitats côtiers, ce qui conforte l’importance du carbone bleu pour les stratégies de lutte contre le changement climatique et les programmes de développement qui s’engagent à réduire les émissions de carbone.

Les écosystèmes côtiers assurent quantité d’autres fonctions utiles. Ils protègent les communautés de l’érosion, des tempêtes et des inondations et se révèlent donc indispensables pour l’adaptation au changement climatique. Malheureusement, le rythme de déperdition des mangroves, des herbiers marins et des marais salants serait l’un des plus élevés de tous les écosystèmes présents sur terre.

L’étude propose aux Etats plusieurs approches pour garantir la prise en compte des considérations relatives au changement climatique et à l’environnement dans une approche d’économie bleue. Il s’agit entre autres d’intégrer le changement climatique et la durabilité de l’environnement dans les plans, politiques et textes de lois en vigueur ou à venir portant sur l’économie bleue à l’échelle continentale, régionale et nationale. De concevoir un cadre pour introduire, développer ou améliorer une gestion efficace des aires maritimes protégée afin de sauvegarder la santé des écosystèmes. D’adopter ou renforcer des textes de loi et des politiques promouvant les technologies vertes ou bleues. D’intégrer le recours et la mise en œuvre effective des évaluations des impacts environnementaux et des évaluations environnementales stratégiques pour rationnaliser la prise en compte des considérations en matière de climat et d’environnement et les principes de l’économie bleue dans les politiques, les programmes et les projets.

Partenariats pour des initiatives bleues porteuses de transformation

L’économie bleue est l’occasion de mettre en place différentes formes de coopération et collaboration y compris les Partenariats public-privé (PPP). Il s’agit notamment de tirer le meilleur parti des PPP à travers l’identification, la conception et le renforcement des partenariats pour la recherche, la conception de produits et de concepts, les échanges mutuels et convenus de propriété intellectuelle et de ressources financières, humaines ou en nature. L’étude invite à exploiter la coopération Sud-Sud et triangulaire en collaborant notamment avec les bailleurs de fonds traditionnels et les organisations multilatérales dans le but de favoriser les initiatives Sud-Sud grâce à l’accès à des financements, à la formation, à la gestion, aux transferts de technologie et toute autre forme de soutien.

Le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique), la Banque africaine de développement (BAD), d’autres banques régionales de développement mais également la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) ont eux aussi un rôle crucial à jouer pour soutenir l’essor de l’économie bleue en Afrique.

En conclusion, le rapport souligne que l’économie bleue repose sur une utilisation durable des écosystèmes aquatiques, l’intégration, la conservation et les principes définis dans les objectifs du développement durable (ODD), relatifs à la garantie d’un accès à l’eau et à l’assainissement pour tous avec une gestion durable des ressources hydriques ainsi qu’à la conservation et l’exploitation durables des océans, des mers et des ressources marines.

Une stratégie durable axée sur l’économie bleue favorise les activités économiques autour des ressources marines et aquatiques qui contribuent à la pérennité des lacs, des fleuves, des océans, des mers et des côtes. C’est une stratégie qui prône l’évolution des modèles d’affaires dans les secteurs traditionnels au profit de débouchés durables. C’est enfin, une stratégie qui soutient l’action d’acteurs bien spécifiques pour élaborer et mettre en œuvre des initiatives intégrées perpétuant la valeur des lacs, des fleuves, des côtes et des rivages. Les solutions passeront également par un arsenal de politiques de long terme qui, à strictement parler, sortent du champ de l’économie bleue, comme l’éducation, l’emploi, le soutien aux communautés, la microfinance et le développement d’entreprises sans lien direct avec les ressources marines ou aquatiques.

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2017-07-10
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