BRÈVES
8es JEUX DE LA FRANCOPHONIE/ ATHLETISME : L’Ivoirien Hua Koffi Wilfried médaillé d’or au 200 m masculin. 2017-07-27 | CNDHCI: Ouverture à Abidjan de la 14e session du forum des droits de l’homme. 2017-07-27 | CÔTE D`IVOIRE: La Banque mondiale prévoit une croissance du PIB de 7% en 2017 (Rapport). 2017-07-24

ATHLÉTISME
SARAH ATCHO, UN SOLEIL IVOIRIEN SUR LA PISTE EN SUISSE
Sarah Atcho, la sprinteuse vaudoise d'origine ivoirienne ne cesse d’améliorer ses records à seulement 22?ans.
L’athlétisme suisse s’est découvert une gazelle d’une gaieté et d’une finesse extrêmes. A 22?ans, la sprinteuse vaudoise d'origine ivoirienne ne cesse d’améliorer ses records. Etudiante en parallèle, elle attend avec délices Athletissima et les Mondiaux de Londres. En attendant elle arrive pour les jeux de la francophonie à Abidjan.

Pour venir poser dans le studio de L’illustré, au centre de Lausanne, Sarah Atcho a sauté dans le bus 60 depuis sa maison de Cugy et elle est arrivée en avance au rendez-vous, toute pimpante. Elle connaît le chemin. D’habitude, elle descend presque au même arrêt et s’assied dans la bibliothèque de Rumine pour y étudier, dès l’ouverture à 8 h 30. Puis, au contraire des autres étudiants, qui y passent la journée, elle s’en va à midi, pour l’entraînement, le massage, la physio.

 

En réalité, elle est à moitié étudiante – en relations internationales – et à moitié athlète, comme tant de sportifs suisses, courageux, au statut hybride. «Je n’ai jamais été sportive professionnelle à 100%. J’aimerais. J’ai toujours l’arrière-pensée que je perds du temps pour mes études.» La preuve: quelques heures plus tôt, elle a appris qu’elle avait manqué sa première année, de peu. «J’en suis un peu triste, mais je comprends. J’ai choisi de faire tous les camps d’entraînement, j’ai investi dans le sport, je n’ai pas passé assez de temps à étudier. Que faire maintenant? Observer une pause pour le sport ou continuer à pratiquer les deux activités à moitié? Je n’en sais rien encore.» Et elle sourit, irrésistible.

Là, elle est venue pour poser devant un objectif. Elle est si ravissante, si naturelle, un bijou pour photographe. «Je ne suis pas du genre à me montrer à la plage ou ailleurs, mais participer à des photos en sous-vêtements ou même plus dénudée ne me dérange pas, pourvu que cela se passe dans un cadre artistique.» Sur les réseaux sociaux, il n’est pourtant pas rare qu’elle reçoive des messages désagréables. «Que répondre? C’est si déplacé, le signe d’un tel manque d’éducation.»

Et elle parle de sport, bien sûr. A chaque fois, ses prunelles s’allument et elle truffe ses phrases d’un mot, «incroyable», qui revient sans cesse.

Incroyable, la sensation d’être qualifiée pour les Mondiaux de Londres avec un temps canon de 22’’91 sur 200?m, réussi en juin, quatre dixièmes sous son record, alors qu’elle revenait d’une blessure. «Faire les minima tout de suite, je le pensais impossible. J’en ai pleuré pendant une heure.»

Incroyable, son temps de 11’’33 sur 100?m, «la deuxième performance suisse de tous les temps. Alors je me dis que tout est faisable. Je peux un jour rivaliser avec les meilleures d’Europe sur 100, 200 ou 400?m.»

Incroyable, la relation à son entraîneur, Laurent Meuwly. «Il a une grosse influence. Il sait davantage que moi ce dont je suis capable.»

Incroyable, sa vie d’aujourd’hui. «J’aime courir. Petite fille, dès le collège, au Mont ou à Cugy, j’aimais la compétition. J’ai toujours été très masculine, je faisais la course avec les garçons.»

Incroyable, sa relation avec le sport. «Sans lui, je perds un peu de ma personnalité.»

Incroyable aussi, le bonheur qu’elle partage en famille. «Nous sommes quatre enfants proches les uns des autres. Chez moi, on est tout le temps en train de danser, de chanter, de blaguer. Ma maison est un moulin avec plein de gens qui passent.

 

Qui elle est? Père ivoirien et mère marocaine – ils se sont rencontrés alors que cette dernière servait dans un restaurant lausannois –, elle cherche parfois son identité. «Je ne suis pas assez noire pour la Côte d’Ivoire et trop pour le Maroc et la Suisse, où je suis née et où mes parents nous ont toujours forcés à nous intégrer. C’est quelquefois dur d’entendre que ce n’est pas un record de Suisse quand c’est moi qui le fais, que c’est plus mérité pour une blonde aux yeux bleus…»

Et puis elle sourit et tout est presque oublié. Elle a devant elle des moments de bonheur. Les Jeux de la Francophonie, fin juillet, à Abidjan, «la première fois que je courrai dans le pays de mon père». Les Mondiaux de Londres, en août. Et Athletissima, le 6?juillet, «le summum du summum». Tant de sourires à venir, Sarah.

Service Communication
2017-07-06
Newsletter Intégration
Newsletter Diaspora
Ministère de l'Intégration Africaine et des Ivoiriens de L'exterieur
Abidjan-Plateau Cité Administrative, Tour B 17ème étage
Adresse: 01 BPV 225 Abidjan 01- Tel : 20 33 12 12 / Fax: 20 22 41 56
Email: info@integration.gouv.ci
Site-web :www.integration.gouv.ci